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« Nous sommes les victimes d’une tromperie », dit l’ambassadeur espagnol au sujet du spot appelant au boycott des produits israéliens

Itamar Marcus et Nan Jacques Zilberdik  |
Suite aux révélations de Palestinian Media Watch sur une publicité diffusée à la télévision de l’Autorité palestinienne (AP), appelant au boycott de tous les produits israéliens, qui comptait le gouvernement espagnol parmi les sponsors, l’ambassadeur espagnol en Israël a confié au Jerusalem Post que le spot n’a pas été financé par l’Espagne.

« Nous sommes les victimes de cette tromperie », a affirmé Alvar Iranzo, ambassadeur espagnol en Israël, alors qu’il n’avait pas encore demandé d’explications à l’AP. Le consulat espagnol à Jérusalem a assuré qu’il allait suivre l’affaire. Il a assuré que le spot « allait à l’encontre de l’opposition du gouvernement [espagnol] envers toute forme de boycott des produits israéliens, a fortiori un boycott comme celui insinué par la vidéo. »

Une personnalité officielle de l’AP qui désirait rester dans l’anonymat a affirmé au Jerusalem Post que le clip serait « corrigé » et « que quelqu’un a fait une erreur », en appelant au boycott de tous les produits israéliens, alors que l’intention était d’appeler seulement au boycott des produits des « implantations juives ».

Voici la traduction en français de l’article de Herb Keinon paru dans le Jerusalem Post :

Titre : « L’Espagne nie avoir sponsorisé une publicité pour le boycott d’Israël »

La publicité portait le logo du gouvernement espagnol ; l’ambassadeur dit au Post : « Nous sommes les victimes d’une tromperie »

La publicité du service public diffusée à la télévision palestinienne appelant au boycott des produits israéliens n’a pas été financée par le contribuable espagnol, a affirmé au Jerusalem Post l’ambassadeur d’Espagne Alvar Iranzo mercredi.

Iranzo réagissait à une vidéo postée mardi par l’organisation Palestinian Media Watch qui montrait la publicité, diffusée depuis la semaine dernière à la télévision de l’Autorité palestinienne (AP). La publicité annonçait à la fin qu’elle a été sponsorisée par le gouvernement espagnol, le ministère espagnol des Affaires étrangères, l’AECID (Agence espagnole de Coopération internationale de développement), l’ACSUR (organisation non lucrative espagnole) et le Projet de développement commun Canaan pour Jérusalem.

Iranzo a affirmé que le ministère des Affaires étrangères espagnol et sa branche coopérative, l’AECID, ont tous deux nié avoir financé la publicité, et que les ONG citées comme sponsors ont envoyé une lettre au ministère disant qu’elles n’étaient pas directement responsables de la vidéo.

« Nous sommes les victimes d’une tromperie », a affirmé l’ambassadeur.

Il a ajouté qu’ils n’avaient pas encore contacté la TV de l’AP pour savoir comment cela a pu arriver, mais que le consul général à Jérusalem allait suivre l’affaire. Iranzo a affirmé que sa priorité était de contacter Madrid et de déterminer s’il y avait bien une quelconque implication espagnole.

La représentation espagnole a affirmé que le gouvernement avait l’intention de définir qui était responsable de la publicité et de l’utilisation à tort du logo de son gouvernement.

« Le contenu de la publicité va à l’encontre de l’opposition du gouvernement envers le boycott des produits israéliens, a fortiori un boycott comme celui insinué par la vidéo », a-t-il affirmé.

Si l’Autorité palestinienne a engagé depuis des mois une campagne de boycott de produits fabriqués dans les implantations, cette publicité en particulier visait les chips d’Osem, qui ne sont pas manufacturés au-delà de la Ligne verte.

Le garçon qui apparaissait dans la publicité fait tomber les chips israéliennes qu’il a prises sur l’étalage du magasin après avoir entendu des coups de feu de l’extérieur et dit : « Je ne veux pas le produit israélien, je veux le produit palestinien. »

Selon une déclaration de l’ambassade espagnole, « le boycott des produits israéliens n’est pas la politique du gouvernement espagnol. Rappelons toutefois que dans le cadre de l’Accord associatif entre l’Union européenne et Israël, les produits originaires des territoires palestiniens occupés ne bénéficient pas d'avantages fiscaux au sein de l'Union douanière européenne."

Elle a ajouté que « la position de l’Union européenne sur les implantations israéliennes dans les Territoires occupés a été exprimée dans les conclusions du Conseil des Affaires étrangères le 13 décembre 2010. »

Dans ces conclusions, l’UE affirmait : « Nos positions sur les implantations, y compris sur Jérusalem-Est, sont claires : elles sont illégales d’après la loi internationale et sont un obstacle à la paix. »

Une personnalité officielle de l’AP à Ramallah a annoncé mercredi que la publicité serait « corrigée » et qu’elle ne viserait que les produits fabriqués dans les implantations juives.

La source, qui a demandé à rester anonyme, a affirmé au Post que la publicité originale était censée se référer uniquement aux produits des implantations.

« Apparemment, quelqu’un a fait une erreur, et nous allons la corriger », a affirmé la personnalité de l’AP, accusant les médias israéliens d’exploiter le cas pour faire de « l’incitation » contre l’AP. « Notre politique officielle est de boycotter les produits des implantations et nous ne céderons pas aux menaces exercées sur nous pour la changer. »

Tovah Lazaroff et Khaled Abu Toameh ont contribué à cet article.
[Jerusalem Post, le 13 janv. 2011]
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